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29 avril 2013

Burundi:Après le journaliste Willy Abagenzinikindi, attaqué à son domicile, c’est Patrick Niyonkuru de la RPA qui se fait tirer dessus par un policier

Touché par une balle sur le bras droit, le journaliste a été transporté dans les services d’urgence à l’Hôpital Militaire de Kamenge dans la capitale Bujumbura, une trentaine de minutes plus tard. Patrick Niyonkuru dit “Paggio”, de la Radio Publique Africaine RPA, se déplaçait ce samedi matin dans un tuk-tuk en rentrant chez lui à Ngagara. Arrivé au niveau de la Gare Routière, ils trouvent une trentaine de vendeurs de mandarines et tomates opérant au marché dit “Chez Sion” dans de vives altercations avec des policiers. Le journaliste demande au conducteur de s’arrêter, pour qu’il puisse savoir ce qui se passe. Lequel s’exécute, à quelques mètres des lieux alors que les policiers hurlent au tuk-tuk de continuer.
Patrick descend donc, et se faufile parmi les vendeuses, qui en fait protestaient contre une taxe de 200Fbu infligés aux taxi-vélos transportant leurs marchandises. Soudainement, un policier se pointe et lui demande : “Qui es-tu ?” Patrick reçoit à l’instant la première gifle. Mais il garde son calme. A la deuxième, le journaliste comprend qu’il est en danger, et court. Le policier, de rage, charge et tire sur lui, qui tombe par terre.
Le chauffeur, pris de panique, veut se sauver, mais le policier tire aussi sur le tuk-tuk. Son conducteur sort en catastrophe et se couche par terre. Le policier arrive en courant, pose sa bottine sur l’homme et le gifle à tout-va. Alors que Patrick tente de se relever, le policier fait demi-tour vers lui et le gifle, l’accusant d’être irrespectueux : “Reste assis !”
Touché par une balle sur le bras droit, le journaliste sera transporté dans les services d’urgence à l’Hôpital Militaire de Kamenge, une trentaine de minutes plus tard.
Ce cas survient après l’attaque survenue jeudi soir au domicile de Willy Abagenzinikindi, de la Télé Renaissance, dans la commune urbaine de Nyakabiga, à la 13ème avenue, n°18 : “Après avoir verrouillé les portes des colocataires, aux environs de 1h du matin, les bandits ont lancé une grosse pierre à la porte de ma maison”, indique le journaliste. Ils se sont alors introduits à l’intérieur et, raconte-t-il, “j’ai essayé de me défendre mais en vain, car deux des agresseurs étaient armés de fusils et de machettes.” Un colocataire venu au secours sera blessé au niveau de la tête, par un coup de machette.
Aucun objet ne sera volé dans toute la concession, précise Willy Abagenzinikindi, sauf deux cassettes-vidéo qui contenaient un reportage réalisé dans la province Mwaro et dans lequel “la population s’exprimait sur la nouvelle loi de la presse.” Et d’y voir “un acte d’intimidation visant à empêcher les journalistes à continuer sereinement leur travail. Mais on ne va pas céder !”
Du côté de l’Union burundaise des journalistes (UBJ), c’est la désolation. Alexandre Niyungeko, président de l’UBJ appelle les autorités à s’impliquer “pour trouver ces cassettes volées et faire la lumière sur cette attaque”, regrettant, pour le cas du confrère de la RPA, que “une arme du pays soit utilisé pour tirer sur les gens.”
Innocent Muhozi, de l’OPB, estime que “les agents de sécurité doivent savoir que les fusils qu’ils ont sont là pour protéger la population et non les fusiller.” Et c’est “une réaction de certains policiers qui considèrent actuellement les journalistes comme les ennemis du pays. Tirer sur un journaliste, surtout de la RPA, n’est pas un fait du hasard.”
Quant à Elie Bizindavyi, porte-parole de la police, qui se dit “choqué par le comportement du policier”, il y a deux mesures urgentes prise depuis l’incident de ce matin : “Le premier c’est d’arrêter le policier fautif. Deuxièmement, le Conseil de discipline de la PNB va siéger pour statuer sur la question, avant que l’agent ne soit transféré devant un Tribunal car ses actes ne relèvent en rien de sa mission professionnelle !”

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